- François Mitterrand est le premier président de gauche de la Ve République : il nomme ainsi Pierre Mauroy, du parti socialiste, Premier ministre et son gouvernement est composé de quatre ministres communistes.
- Pour lutter contre les effets économiques et sociaux de la crise frappant le pays, un vaste mouvement de nationalisation (des grandes banques de dépôts et d'importantes entreprises industrielles) est engagé : cela aggrave le déficit public tout en menaçant la stabilité du franc.
- Pierre Mauroy est alors remplacé par Laurent Fabius. Ce dernier lance un plan pour rétablir l’équilibre économique, il diminue les dépenses de l’État et augmente certains impôts.
C’est ce qu’on appelle le « tournant de la rigueur », il engendre une grande impopularité du gouvernement et favorise la victoire de la droite pour les élections législatives en 1986.
- De ces dernières, le parti gaulliste sort vainqueur et obtient la majorité des sièges de députés à l’Assemblée nationale : Jacques Chirac est ainsi nommé Premier ministre.
- Il s’agit de la première cohabitation de la Ve République : dans cette situation le Premier ministre est en charge de la politique intérieure et le président garde la main sur son domaine (il est garant du bon fonctionnement des institutions, il reste chef des armées et de la diplomatie).
- La cohabitation, bien que populaire dans l’opinion publique, a tendance à ralentir l’action des pouvoirs publics et à freiner les réformes dont le pays a pourtant besoin pour se moderniser.
- Très vite, François Mitterrand met en œuvre des mesures sociales visant à améliorer les conditions de vie des personnes les plus modestes et s'engage dans une politique active de lutte contre les inégalités sociales. Parmi ces mesures, on peut retenir :
la création d’une 5e semaine de congés payés ;
l’abaissement de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans ;
la diminution de la durée hebdomadaire du temps de travail à 39 heures ;
la création des ZEP (zone d’éducation prioritaire) qui visent à accorder plus de moyens aux établissements scolaires qui concentrent le plus de difficultés parmi leurs élèves ;
des réformes visant à moderniser la société française sont également adoptées, comme l’abolition de la peine de mort (1981) et la dépénalisation de l’homosexualité (1982).
L’impopularité grandissante de son Premier ministre, Jacques Chirac, qui sera également son adversaire au deuxième tour de l’élection présidentielle de 1988, permettra à François Mitterrand de se faire confortablement réélire pour un deuxième mandat.